L'opération d'Angoulême illustre un exercice que l'on rencontre encore rarement en 2016 et qui est devenu depuis la norme: dimensionner une centrale photovoltaïque non pas pour maximiser la production, mais pour maximiser la valeur consommée sur place. La différence est structurante. Une centrale dimensionnée « à la surface disponible » aurait couvert bien plus que les 1 050 m² de potelets exploités; elle aurait aussi injecté sur le réseau une part importante d'une production sans preneur, tout en imposant des renforcements de charpente métallique coûteux.
Le pilotage retenu inverse la logique: on fixe d'abord deux indicateurs, 80 % d'autoconsommation et 25 % d'autoproduction, et la puissance crête en découle. La difficulté propre à ce site tenait à l'absence de données. Le magasin d'Angoulême n'avait ouvert qu'en juillet 2015 et ne disposait pas encore de relevés au pas 10 minutes, contrairement à Béziers et Colombiers déjà instrumentés.
Le dimensionnement a donc été construit par extrapolation depuis le magasin témoin de Béziers, après comparaison des consommations mensuelles (écart de 5 à 9 % en demi-saison, −20 % en été) et vérification que les principes constructifs et les systèmes Roof Top étaient comparables. Une correction supplémentaire de −10 % a été appliquée au titre des règles de bon usage des installations électriques. Cette traçabilité de l'hypothèse, dire d'où vient le chiffre et ce qu'il vaut, est ce qui sépare une note de dimensionnement défendable d'un argumentaire commercial. Le second enseignement est constructif.
Le bâtiment possédait déjà des potelets d'attente en toiture, avec une arase supérieure à 0,80 m de l'étanchéité. Ce détail apparemment anodin conditionne tout: il place les modules au-dessus de l'ombre portée des Roof Top, il évite de percer une membrane PVC neuve, et il déplace la reprise de charges vers une ossature dédiée traitée par le BET structures MODUO SUD. La limite de prestation entre lot serrurerie et lot photovoltaïque a d'ailleurs fait l'objet d'un plan spécifique au DCE : c'est exactement le point où ce type de chantier déraille quand il n'est pas écrit.
Enfin, le contexte ERP type M de 1ʳᵉ catégorie impose une rigueur particulière sur le courant continu.
Le choix de faire cheminer les câbles CC en extérieur jusqu'au local technique, plutôt que de traverser des locaux recevant du public, relève de la même logique de prévention que les coupures pompiers et la signalétique de danger imposées au CCTP.Voir aussi les expertises audit énergétique et ACV portées aujourd'hui par ARKEMEP, et les obligations d'installation photovoltaïque en toiture de bâtiments commerciaux issues des textes postérieurs (loi Climat & Résilience, décret tertiaire) que Sextant permet de qualifier.