Marius Richard, 43 logements à Marseille 12ᵉ, Marseille 12ᵉ (13)
Logement collectif · 2023
ARKEMEP · Ingénierie
Bruit de voisinage, émergence, non-conformité et mise en conformité. L'article R.1336-7 du Code de la santé publique fixe les valeurs limites d'émergence à 5 dB(A) le jour et 3 dB(A) la nuit, et les tribunaux s'y réfèrent pour juger le bruit d'une pompe à chaleur. Nous réalisons les études d'impact acoustique avant implantation et les mesures de contrôle après installation, selon la norme NF S 31-010.
Le problème
Une pompe à chaleur relève du régime des bruits de voisinage du Code de la santé publique. L'article R.1336-5 interdit tout bruit qui, par sa durée, sa répétition ou son intensité, porte atteinte à la tranquillité du voisinage. L'article R.1336-7 définit l'émergence et en fixe les valeurs limites : 5 dB(A) le jour (7 h-22 h) et 3 dB(A) la nuit (22 h-7 h). Ces valeurs s'appliquent de plein droit aux bruits d'activité professionnelle, sportive, culturelle ou de loisir (article R.1336-6) ; pour la pompe à chaleur d'un particulier, l'expert judiciaire et le juge s'y réfèrent pour apprécier le trouble.
Sur le plan civil, l'article 1253 du code civil, en vigueur depuis le 17 avril 2024, rend le propriétaire, le locataire ou le maître d'ouvrage à l'origine d'un trouble excédant les inconvénients normaux de voisinage responsable de plein droit : la personne gênée n'a pas à établir de faute. Elle doit en revanche établir l'anormalité du trouble, et c'est la mesure qui décide du dossier.
Le déploiement massif des pompes à chaleur en résidentiel et en tertiaire multiplie les litiges de voisinage. Les retours de l'Assemblée nationale, des associations de consommateurs et les retours d'expérience de l'AFPAC convergent : la généralisation des pompes à chaleur air-eau et air-air en remplacement des chaudières fossiles a fait émerger une vague de contentieux de voisinage depuis 2023.
Les installations mal positionnées exposent l'installateur et le maître d'ouvrage à des procédures pénales (article R.1337-7 CSP, contravention de 3e classe) et civiles (trouble anormal de voisinage). Le coût d'une étude acoustique préalable est dérisoire face à celui d'un déplacement ou d'une insonorisation corrective.
Ce que nous livrons
ARKEMEP intervient en conception, ARKENOR en mesure. Sonomètres classe 1, rapport NF S 31-010 opposable.
Conformité PAC par profil
Le diagnostic de non-conformité et la mise en conformité au bruit de voisinage ne se pilotent pas de la même façon selon le maître d'ouvrage. Une même exigence : tenir l'émergence de 5 dB(A) le jour et 3 dB(A) la nuit.
La généralisation des PAC air-eau en réhabilitation de logement social multiplie les plaintes de bruit. Nous conduisons un diagnostic acoustique par échantillonnage sur le parc, identifions les installations non conformes (émergence supérieure à 5 dB(A) le jour, 3 dB(A) la nuit) et hiérarchisons les mises en conformité par priorité de risque et de coût. Voir la page des bailleurs sociaux.
La multiplication des unités extérieures en résidence collective crée un effet cumulatif d'émergence qu'une étude machine par machine ignore. Nous modélisons la propagation de l'ensemble des sources (toiture, terrasse, façade) et dimensionnons le traitement acoustique commun, avec un cahier des charges exploitable par le syndic.
Le bruit des PAC est l'un des premiers motifs de réclamation après livraison. Nous traitons l'acoustique dès la conception (positionnement, calcul de propagation NF ISO 9613-2, prescriptions d'écrans au CCTP) puis en mesure de réception, pour livrer un programme conforme et éviter le contentieux en trouble anormal de voisinage. Voir la page des promoteurs.
En copropriété
En copropriété, l'installation d'une pompe à chaleur ou d'une climatisation qui affecte les parties communes ou l'aspect extérieur est soumise à autorisation de l'assemblée générale (loi du 10 juillet 1965, articles 24 et 25). Nous produisons l'étude d'émergence acoustique et un cahier des charges technique harmonisé, qui encadre les demandes individuelles et fixe les seuils d'émergence réglementaire à respecter. Le rapport, réalisé au sonomètre classe 1 (NF EN ISO 16283), objective un éventuel dépassement et sert de base à la mise en conformité comme au vote.
Syndic de copropriété : toutes les obligations et projets techniques.
Non-conformité : le calcul de l'émergence
L'émergence est la différence entre le niveau sonore ambiant (PAC en fonctionnement) et le niveau sonore résiduel (PAC arrêtée). Elle se mesure en limite de propriété du tiers concerné ou, sur demande, à l'intérieur des pièces principales. C'est l'émergence qui compte, et non le niveau sonore absolu : une pompe à 50 dB(A) dans un bruit de fond de 48 dB(A) n'émerge que de 2 dB, la même pompe dans une campagne à 30 dB(A) la nuit émerge de 20 dB.
5 dB(A) en période diurne (7 h-22 h) et 3 dB(A) en période nocturne (22 h-7 h), en limite de propriété et à l'intérieur des pièces principales.
Des termes correctifs s'appliquent pour tenir compte de la durée cumulée d'apparition du bruit particulier : plus la durée est courte, plus le terme correctif s'ajoute à l'émergence admissible (jusqu'à +6 dB(A) pour une durée ≤ 1 minute).
En complément de l'émergence globale, une émergence par bandes de 125 à 4000 Hz est vérifiée. Valeurs limites : 7 dB pour 125 et 250 Hz, 5 dB pour 500 à 4000 Hz.
Cette analyse spectrale est critique pour les PAC : les compresseurs et ventilateurs émettent souvent des raies tonales gênantes dans la bande 125-250 Hz, qui peuvent passer le test global mais échouer au test par bandes.
Les fiches techniques des constructeurs indiquent la puissance acoustique Lw (émission intrinsèque de la machine) en dB(A). Sur site, ce qui compte est la pression acoustique Lp reçue chez le voisin, qui dépend de la distance, des obstacles, des réflexions sur les façades, de la hauteur et de la directivité. Un calcul de propagation (méthode NF ISO 9613-2) est requis pour évaluer le niveau attendu en limite de propriété. Nous modélisons cette propagation en amont du choix d'implantation.
Ce que jugent les tribunaux en 2026
Trois litiges de pompe à chaleur jugés en 2026, lus intégralement sur Judilibre. Le bruit était réel dans les trois cas. Ce qui a fait la différence, c'est la façon dont il a été mesuré.
| Décision | Résultat | Ce qui a compté |
|---|---|---|
| Cour d'appel de Douai, 30 avril 2026, RG 24/04682 | Trouble anormal confirmé sur quatre ans et 2 000 € de dommages et intérêts (jugement de Valenciennes du 10 juillet 2024) | Unité extérieure à 0,5 m de la limite séparative, tournée vers la façade du voisin. Mesures de l'expert judiciaire en période de chauffe : émergences de 7 dB le jour et 18 dB la nuit à 125 Hz en façade, de 6 dB à 125 Hz et 7 dB à 250 Hz dans la chambre fenêtre fermée. La cour se réfère aux valeurs de l'article R.1336-7 à titre informatif. |
| Tribunal judiciaire de Nantes, 18 juin 2026, RG 22/02877 | 8 000 € de préjudice de jouissance, 2 500 € et 1 500 € de préjudice moral ; l'installateur condamné avec les propriétaires et tenu de les garantir à 50 % | Expertise judiciaire : émergences conformes fenêtres fermées, dépassements nets fenêtres ouvertes la nuit et sur la bande de 250 Hz. Le tribunal juge qu'un logement doit pouvoir être aéré en toute saison. Le trouble trouve son origine dans le manquement de l'installateur à son devoir de conseil sur l'emplacement. |
| Tribunal de proximité de Sarrebourg (tribunal judiciaire de Metz), 20 juillet 2026, RG 25/00111 | Demande rejetée ; la demanderesse condamnée aux dépens et à 1 000 € au titre de l'article 700 | Relevés au sonomètre faits pompe en marche seulement, sans mesure du bruit résiduel pompe arrêtée : ils ne permettaient pas d'isoler le bruit de la pompe. Un bruit perceptible ne suffit pas à caractériser un trouble anormal. |
Aucune de ces décisions ne fixe de distance minimale entre une pompe à chaleur et la limite de propriété : le juge regarde l'émergence mesurée, pas des mètres. Ces décisions illustrent le raisonnement des tribunaux ; elles ne préjugent d'aucun autre dossier, qui relève du conseil de chacun.
Cadre réglementaire
Le bruit de voisinage n'est pas un bruit « quelconque » : c'est une notion juridique codifiée.
Exposition juridique : au-delà de la sanction pénale, le maître d'ouvrage et l'installateur sont exposés à l'action en trouble anormal de voisinage (action civile indépendante, qui se prescrit par cinq ans à compter du jour où la personne gênée a connu ou aurait dû connaître les faits, article 2224 du code civil) et à la résiliation du marché pour défaut de conformité.
Repères
| Période | Émergence admissible |
|---|---|
| Jour (7 h-22 h) | 5 dB(A) |
| Nuit (22 h-7 h) | 3 dB(A) |
Source : CSP art. R.1336-7 (valeurs limites d'émergence) ; art. R.1336-5 et suivants (bruit de voisinage).
| Exigence | Indicateur | Valeur |
|---|---|---|
| Isolement entre logements | DnT,A | ≥ 53 dB |
| Isolement vis-à-vis des locaux collectifs | DnT,A | ≥ 58 dB |
| Isolement de façade (bruit extérieur) | DnT,A,tr | ≥ 30 dB (jusqu'à 45 dB en zone de bruit) |
| Bruits de choc | L'nT,w | ≤ 58 dB |
| Équipements individuels (pièces principales) | LnAT | ≤ 30 dB(A) |
| Équipements collectifs / cuisine | LnAT | ≤ 35 dB(A) |
Sources : NRA, arrêté du 30 juin 1999 ; attestation, arrêté du 27 novembre 2012 ; voisinage, CSP art. R.1336-5 et suivants.
Près de chez vous
L'étude acoustique des pompes à chaleur relève de notre bureau d'études acoustique du bâtiment à Aix-en-Provence. Pages par ville :
Références
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Bureaux et tertiaire · 2026
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Questions fréquentes
La responsabilité dépend de l'implantation : une PAC en partie privative engage le copropriétaire, une PAC d'équipement commun engage le syndicat des copropriétaires. Dans les 2 cas, l'émergence se mesure chez le voisin gêné, en limite de propriété ou dans les pièces principales. Sur une résidence collective, la multiplication des unités extérieures crée un effet cumulatif : l'étude doit intégrer la propagation de l'ensemble des sources, pas seulement d'une machine isolée.
Oui. Le maître d'ouvrage et l'exploitant restent responsables du respect de l'émergence sonore (5 dB(A) le jour, 3 dB(A) la nuit, art. R.1336-7 CSP) sur l'ensemble du parc, y compris après réception. En logement social, où les PAC air-eau se multiplient en réhabilitation, un diagnostic acoustique par échantillonnage permet d'identifier les installations à risque avant qu'un locataire ou un riverain ne dépose plainte. Nous conduisons ces campagnes de mesure et hiérarchisons les mises en conformité.
En traitant l'acoustique dès la conception : positionnement des unités extérieures, calcul de propagation (NF ISO 9613-2), prescriptions d'écrans ou de supports antivibratiles au CCTP, puis mesure de réception avant livraison. L'acoustique est l'un des premiers motifs de réclamation après livraison ; une étude préalable coûte une fraction d'une action corrective (déplacement, insonorisation) ou d'un contentieux en trouble de voisinage. ARKEMEP intervient en conception, ARKENOR en mesure de réception.
Pas s'il mesure seulement la pompe en marche. Le 20 juillet 2026, le tribunal de proximité de Sarrebourg (RG 25/00111) a rejeté la demande d'une voisine : les relevés de son constat ne comparaient pas le bruit avec et sans fonctionnement, et ne permettaient donc pas d'isoler le bruit de la pompe. Une mesure utile compare le bruit ambiant et le bruit résiduel, de jour et de nuit, fenêtres ouvertes et fermées, en global et par bandes de fréquence, selon la norme NF S 31-010. ARKENOR réalise ces mesures, de préférence contradictoires.
Oui. Le 18 juin 2026, le tribunal judiciaire de Nantes (RG 22/02877) a condamné l'installateur avec les propriétaires et l'a tenu de les garantir à 50 % : le trouble venait d'un manquement à son devoir de conseil sur l'emplacement de l'unité extérieure. Une étude d'implantation avant la pose (distance aux pièces de vie voisines, orientation des ventilateurs, réflexions entre façades, mode nuit) est la réponse la moins chère à ce risque.
Par ordre de coût croissant : (1) réglage des consignes et programmation horaire, interdire le fonctionnement forcé en période nocturne ; (2) réduction de la vitesse du ventilateur, perte de puissance acceptable en mi-saison ; (3) changement des supports antivibratiles, limitation de la transmission solidienne ; (4) écran acoustique, absorbant côté PAC, réfléchissant côté voisin, hauteur et longueur calculées ; (5) déplacement de l'unité extérieure, éloignement ou redirection ; (6) remplacement par un modèle à Lw plus faible. Nous dimensionnons la solution adaptée.
Sur le plan pénal : contravention de 3e classe (450 € d'amende) au titre de l'article R.1337-7 du Code de la santé publique, constatée par les officiers de police judiciaire, les agents de police municipale, les gendarmes ou les agents des ARS. Sur le plan civil : action en trouble anormal de voisinage (article 1253 du code civil, prescription de cinq ans à compter de la connaissance des faits), pouvant conduire à une obligation de déplacement, d'insonorisation, de démontage, assortie de dommages-intérêts. Le coût d'une action corrective est sans commune mesure avec celui d'une étude acoustique préalable.
Les pompes à chaleur relèvent du régime des bruits de voisinage du Code de la santé publique (article R.1336-5 pour le principe, article R.1336-7 pour les valeurs d'émergence) et, sur le plan civil, de l'article 1253 du code civil. L'émergence sonore (différence entre bruit ambiant PAC en marche et bruit résiduel PAC arrêtée) ne doit pas dépasser 5 dB(A) en période diurne (7 h-22 h) et 3 dB(A) en période nocturne (22 h-7 h), en limite de propriété ou à l'intérieur des pièces principales. Des termes correctifs s'ajoutent selon la durée d'apparition du bruit. L'arrêté du 31 août 2006 précise les modalités de mesurage.
L'émergence est la différence (exprimée en dB(A)) entre le niveau de bruit ambiant, avec la source à incriminer en fonctionnement, et le niveau de bruit résiduel, avec cette même source arrêtée. Elle se mesure avec un sonomètre de classe 1 conforme à la norme NF S 31-010, en positionnant l'appareil en limite de propriété ou dans les pièces principales du riverain. La mesure doit durer une période représentative du fonctionnement de la PAC et intégrer une mesure de référence résiduelle.
Non. La puissance acoustique Lw caractérise l'émission intrinsèque de la machine, mesurée en conditions normalisées. Sur site, le niveau perçu chez le voisin (pression acoustique Lp) dépend de la distance, des obstacles (murs, haies, bâtis), des réflexions sur les façades, de la hauteur d'implantation, de la directivité du ventilateur et des conditions météorologiques. Un calcul de propagation selon la méthode NF ISO 9613-2 est nécessaire pour estimer le Lp attendu.
Aucune étude n'est juridiquement obligatoire en résidentiel individuel. Mais le DTU 65.16 (règles professionnelles d'installation des PAC) et le référentiel AFPAC recommandent une évaluation préalable dès lors que l'unité extérieure est implantée à moins de 10 m d'un bâti voisin. Pour un projet collectif ou tertiaire, l'étude est quasiment systématique et doit être jointe au dossier de déclaration préalable ou de permis de construire si des prescriptions locales l'imposent.
L'acousticien intervient comme technicien neutre : il réalise les mesures contradictoires selon le protocole NF S 31-010, calcule l'émergence, rédige un rapport opposable. Ce rapport peut être utilisé dans le cadre d'une expertise amiable contradictoire entre les parties, d'une procédure devant le tribunal judiciaire, ou d'une plainte pour contravention. En expertise judiciaire, il peut être désigné par le juge sur la base de ses qualifications et de son expérience dans le domaine du bruit environnemental.
À puissance équivalente, les PAC air-eau (pour production de chauffage et d'eau chaude) et les PAC air-air (climatisation réversible) sont comparables en émission acoustique. Les différences tiennent à la fréquence d'utilisation (les PAC air-eau fonctionnent davantage en période nocturne hivernale, précisément quand la limite d'émergence est la plus exigeante à 3 dB(A)), et à la signature spectrale (les compresseurs scroll à injection de vapeur peuvent présenter des raies tonales basse fréquence gênantes). Dans les 2 cas, le positionnement et l'isolation vibratoire sont décisifs.
Le régime des bruits de voisinage (émergence 5/3 dB(A), art. R.1336-7 CSP) s'applique quel que soit l'usage dès lors qu'un tiers est gêné. En tertiaire, 2 points s'ajoutent : si l'installation relève d'une activité classée ICPE, c'est la réglementation ICPE (arrêté du 23 janvier 1997) qui prime ; et les puissances installées, plus élevées, imposent quasi systématiquement une étude de propagation. Nous déterminons le régime applicable au cas par cas.
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